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800 kilomètres en kayak de mer sur l’Allier et la Loire
   

 

A partir du 8 avril prochain, Francis ROME, kayakiste expérimenté, se lance dans une grande expédition : à bord de son kayak de mer, il accompagnera pendant 25 jours – et 800 kilomètres – la dévalaison des jeunes saumons dans l’Allier puis la Loire, quasiment en temps réel.

Une grande aventure humaine, mais aussi scientifique et environnementale, puisque l’expédition permettra de mieux connaître les conditions de dévalaison des jeunes saumons, et ainsi d’orienter les programmes de restauration de l’espèce menés par le Conservatoire du saumon sauvage.

Une aventure humaine hors du commun
Le 8 avril prochain, Francis Rome débutera une descente en kayak de mer de l’Allier et de la Loire jusqu'à sa confluence - soit 800 kilomètres – pendant la période de migration des jeunes saumons. Au cours des 25 jours de navigation prévus (et autant de bivouacs le long des berges), Francis Rome sera au plus proche de la réalité du parcours des jeunes saumons : il rencontrera 18 obstacles, seuils et enrochements, et traversera dix départements sur un axe reconnu comme majeur en terme de biodiversité fluviale en Europe.

Naviguer sur des étapes de 30 à 40 km par jour, assurer son ravitaillement, organiser son bivouac, gérer son effort, savoir répondre aux différentes conditions rencontrées (météo, niveau d’eau, choix de l’itinéraire dans les nombreux bras du fleuve) : autant d’éléments qui ont demandé à Francis Rome une véritable préparation et s’appuient sur sa riche expérience. L’arrivée de Francis Rome dans l’estuaire de la Loire est prévue vers le 5 mai 2006.

Menée quasiment selon le rythme réel des saumons et dans des conditions alliant proximité et discrétion, cette opération est unique à plus d’un titre. Au-delà de l’expédition humaine, ce projet intègre en effet également une dimension scientifique et environnementale.

Zoom sur Francis Rome
Ce projet a été proposé et monté par Francis Rome, kayakiste expérimenté. Il bénéficie en effet de 25 ans d’expérience de navigation kayak en Europe.
Ancien guide de rivière professionnel, il a déjà signé des expéditions en Laponie et en Turquie. Géographe de formation, il est également bon connaisseur du saumon.

Des enjeux scientifiques au service de la sauvegarde d’une espèce menacée : le saumon atlantique
Le saumon de l’Atlantique Salmo salar est une espèce migratrice emblématique représentant une richesse à la fois écologique et économique exceptionnelle. Véritable symbole de la qualité environnementale des cours d’eau, il reste une population extraordinaire dans sa capacité à coloniser des zones de frayères et de grossissement très loin des rivages marins : celle de l’axe Loire-Allier. Ces animaux sont capables d’effectuer une migration en eau douce de près de 1000 kilomètres. Dans le cas des très longues rivières comme la Loire, le succès des programmes de restauration dépend par conséquent totalement de la capacité physiologique des smolts (jeunes saumons) à effectuer la longue migration de dévalaison et à s’adapter au milieu marin.

Or, la « fenêtre physiologique » durant laquelle le smolt pourra s’adapter serait une période limitée de quelques semaines dans sa vie. Dans le cas spécifique de la Loire, l’arrivée tardive
des smolts en zone estuarienne peut ainsi entraîner des mortalités massives résultant, d’une part de la perte de la capacité d’adaptation à l’eau salée (« fenêtre physiologique ») et d’autre part, de l’arrivée en zone estuarienne dans des conditions environnementales (« fenêtre écologique ») défavorables (température, oxygénation…). La survie des smolts et le succès du repeuplement dépendent ainsi de l’adéquation entre les deux fenêtres. Tout au long de son trajet, Francis Rome prendra différentes mesures et assurera ainsi :
- l’enregistrement des vitesses de déplacements, des températures de l’eau et des données GPS pour avoir un profil en coupe et en long actualisé du parcours ;
- l’évaluation de la perméabilité réelle des obstacles à la circulation des poissons ;
- l’observation en continu et in situ des milieux aquatiques (constitution d’une base photos).

Autant d’éléments qui permettront une meilleure connaissance des conditions de dévalaison des smolts - température, débit et vitesse de courants - et apporteront de précieuses informations pour la réalisation et l’orientation des programmes de restauration et de sauvegarde de l’espèce. C’est la raison pour laquelle l’expédition de Francis Rome reçoit l’appui du Conservatoire du saumon sauvage1.

CONTACTS
rome.blassac@wanadoo.fr
info@fondation-saumon.org


Rédigé par Conservatoire du saumon sauvage le 05/04/2006

Lien : http://www.fondation-saumon.org/
 
Email : info@fondation-saumon.org