LES MESURES UTILES À LA REPRODUCTION, AU
DÉVELOPPEMENT, À LA CONSERVATION ET À LA
CIRCULATION DES POISSONS
Actions sur les hydrosystèmes
Le bilan de mise en oeuvre du premier plan de gestion a mis en évidence
la diversité et la multiplicité des initiatives et actions visant à améliorer la qualité
générale des hydrosystèmes. Ceci est favorable à la dynamique des différentes
populations piscicoles et plus particulièrement des espèces amphihalines.
La protection et la gestion de ces populations seront d'autant mieux
prises en compte par les acteurs publics qu'elles font l'objet de programmes
pluriannuels spécifiques ou qu'elles sont inscrites dans des outils contractuels.
Certains contrats de plan Etat-Région font désormais explicitement référence aux espèces amphihalines (Pays de la Loire, Bourgogne) ou les intègrent
dans des volets patrimoniaux plus généraux (Centre) .
Pour ce qui concerne les espèces amphihalines, l'amélioration de la qualité générale des hydrosystèmes suppose le traitement efficace et à long
terme de trois problèmes principaux :
la maîtrise des pollutions diffuses d'origine agricole,
le maintien de débits minimaux compatibles avec la circulation migratoire,
la reproduction et la colonisation des aires de répartition, notamment par
l'adaptation des débits réservés des cours d'eau des hauts bassins et la
maîtrise des prélèvements dans les nappes d'eau,
la franchissabilité du bouchon vaseux estuarien particulièrement en période
pré-estivale et en période d'étiage.
Les secteurs et points susceptibles d'altérer significativement l'état et la
dynamique des populations amphihalines doivent donner lieu à des inventaires
appropriés. Certains établissements déjà identifiés peuvent d'ores et déjà faire
l'objet d'aménagements adaptés pour limiter leurs nuisances: équarrissage de
Bayet sur la Sioule, usine chimique de Vertolaye sur la Dore, papeterie de
Descartes sur la Creuse, usine chimique de Rezé dans l'agglomération nantaise...
Les dispositions concernant les espèces amphihalines peuvent être
intégrées dans les orientations et programmes d'action relatifs à la protection et à
la gestion des milieux aquatiques contenus dans les schémas d'aménagement et de
gestion des eaux (SAGE).
Il est à signaler qu'indépendamment du plan, le décret "amphihalins"
charge le comité de gestion des poissons migrateurs d'émettre un avis sur ce type
de document.
Protection et restauration des habitats
Les frayères à saumon ont fait l'objet d'un dénombrement exhaustif
dans les bassins de l'Allier, de l'Arroux et de la Gartempe. L'évaluation du
potentiel productif et les tests biologiques entrepris localement constituent une
référence solide pour les alevinages qui seront réalisés à partir de la production de
la salmoniculture de Chanteuges et de ses satellites. En ce qui concerne les autres espèces potamotoques, ce dispositif doit
constituer un objectif à moyen terme pour améliorer la connaissance de leur
dynamique. Ceci vaut notamment pour la lamproie marine, la grande alose, l'alose
feinte et la truite de mer.
Renforcée par la mise en oeuvre du programme interrégional Loire
grandeur nature, la restauration des milieux aquatiques doit faciliter la colonisation
et le développement des espèces amphihalines notamment pour l'anguille dans les
zones humides de l'estuaire, des vallées alluviales et du chevelu hydrographique.
Les marais littoraux devront faire l'objet de mesures analogues. Ces programmes de protection et de gestion des habitats sont à mettre
en perspective avec des dispositifs ou des mesures plus opérationnels: dispositif
Natura 2000, contrats territoriaux d'exploitation, bandes enherbées, reconstitution
de ripisylves… Ils peuvent le cas échéant être complétés par des mesures d'ordre
réglementaire, comme les arrêtés de biotope. |